Un premier guide, intitulé « Pour une meilleure prévention de l’IVG chez les mineures » se présente sous la forme d’un rapport du Haut Conseil de la Population et de la Famille pour le ministère de la Santé, en décembre 2006. Il pointe du doigt « le mauvais usage de la contraception », et « le manque d’information ». Son but : obtenir une réduction de l’IVG en France. Aveu de faiblesse ou simple mesure économique et sociale ?

Avec 200.000 avortements par an, soit 14 enfants avortés pour 1000 femmes, la France se situe à « une place moyenne dans l’Europe. (…) Pour 70% des femmes, le recours à l’IVG est accidentel et unique » précise ce même guide au chapitre « Epidémiologie de l’IVG en France ». Pour le Haut Conseil de la Population et de la Famille, l’avortement serait-il devenu une véritable épidémie à endiguer ?

L’avortement, un échec

« L’avortement en France joue essentiellement un rôle palliatif lors de l’échec de la contraception », peut en lire en introduction, ce qui prouve bien qu’il est devenu un moyen comme un autre de régulation des naissances. Fait nouveau, le but de ce rapport est clairement d’obtenir une réduction de l’IVG en France : « Proposer des mesures préventives qui devraient permettre d’améliorer la situation des adolescentes qui, dès le début de leur vie sexuelle, risquent de se voir confrontées à une grossesse non désirée, et donc de diminuer leur recours à l’IVG. Ces mesures devraient avoir des répercussions à terme sur le nombre global d’IVG en France, l’amélioration de l’éducation et de l’information des adolescentes n’étant pas sans conséquence sur la gestion ultérieure de leur fécondité. » Une façon de reconnaître à demi-mot que le recours à l’avortement n’est pas sans conséquence pour la femme et sa sexualité, même si le syndrome post-abortif - des remords qui peuvent aller, pour la femme, jusqu’à la dépression nerveuse voire au suicide - est encore loin d’être évoqué.

La solitude des femmes ayant recours à l’avortement

« Le recours à l’IVG est moins fréquent dans les dernières années que lors de sa légalisation en 1975. (…) L’analyse des femmes concernées montre que ce sont essentiellement les femmes qui vivent seules qui ont recours à l’IVG. Les difficultés sont accrues pour les mineures qui ne savent pas toujours où s’adresser et cachent leur grossesse dans la plus grande solitude jusqu’au risque de dépasser le délai légal ». Ainsi, selon ce rapport, la moitié des femmes ayant recours à l’avortement seraient célibataires. Raison de plus pour accompagner ces femmes seules en les aidant à accueillir leurs enfants lorsqu’elles le désirent au fond d’elles-mêmes ?

L’avortement peut résulter de la pression de l’entourage

Le guide poursuit en précisant : « La décision de recourir à l’IVG n’est pas de même nature que celle d’utiliser la pilule ou le stérilet… (…) Une grossesse refusée n’est pas nécessairement le fruit d’une conception involontaire : elle peut résulter d’une pression de l’entourage à laquelle la femme a finalement cédé ». Une question là encore passée sous silence : comment aider la femme à ne pas céder aux pressions de l’entourage, pour qu’elle puisse décider seule de garder ou non l’enfant qui naît en elle ? La responsabilité de l’homme lui-même - le grand absent de ce débat - n’est pas non plus soulevée, comme cette injonction hélas bien connue : « avorte, ou je te quitte ! ». Il faudrait pourtant y répondre. Au chapitre du discours à prononcer dans les écoles, on se souviendra quand-même de ce conseil, comme un lointain souvenir du mariage chrétien : « évoquer les différences de modalités de séduction entre garçons et filles et valoriser le consentement mutuel ». Oui, les hommes et les femmes sont toujours différents, et oui, le consentement mutuel est fondateur de tout couple !

Questions d’ados : la « prévention » officielle est-elle en panne ?

« L’IVG, c’est toujours une situation douloureuse à vivre et évitable par une contraception adaptée », précise aussi le guide « questions d’ados » proposé par ce même site, pour qui « les méthodes efficaces de contraception permettent une diminution des naissances non désirées ou mal planifiées ».

Une seule ligne est réservée aux méthodes naturelles, « qui "devraient" correspondre à des personnes connaissant bien leurs cycles mais pouvant s’exposer à un risque de grossesse » (guide « repères pratiques »), soulignant combien la continence du couple, associée à une prise régulière de la température de la femme et l’analyse des sécrétions vaginales est présentée comme une méthode de régulation des naissances quasi-impraticable, voire dangereuse. La question de la chasteté (savoir attendre le bon moment et non s’abstenir totalement) est donc passée sous silence, comme l’amour fidèle. La « contraception d’urgence » est définie quant à elle par l’accès aux pilules abortives, qui, le plus souvent, freinent et empêchent la nidation.

C’est quoi, l’amour ?

A la question, pourtant essentielle, « c’est quoi l’amour ? », on répond aux ados : « l’amour n’a pas de définition universelle ». Comme dans les films hollywoodiens, on en reste au sentimentalisme : « c’est un sentiment profond et incontrôlable qui nous remplit de bonheur ». Au contraire d’un amour CDD, ne faudrait-il pas apprendre aux ados ce qu’est le vrai amour ? Peut-on par exemple se donner totalement sans engagement définitif ? Leur apprendre à aimer sans retard, sans retour et sans restriction serait sans doute beaucoup plus prometteur.

Par j.b. maillard.

Source : www.blogvie.lejdd.fr